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Abidjan ATDA, 28 novembre 2017 Ministres Koné, Ancip, Lemoyne
Ministres
Paris ATDA, 25-27 octobre 2017
Abidjan ATDA, 28 novembre 2017
JADN 2016 - Cérémonie finale
ADD - Bamako 2017, Sommet des chefs d'Etat
ATDA, Paris, 25-27 octobre 2017
JADN2016
Digital African Tour, Ouagadougou 2017

Bien que les défis de l’insuffisance des infrastructures, de l’enclavement rural, de l’énergie et de la cherté des données restent à surmonter, l’ensemble du continent africain se numérise à un rythme sans précédent.

On ne peut parler de développement sans parler de l’économie numérique. D’après Internet World Stats, le taux de pénétration d’Internet en Afrique s’élève au 30 juin 2019 à 39.8 %, soit 525 millions d’usagers, contre une moyenne mondiale de 57.3 %. Et selon le rapport GSMA 2018 sur l’économie numérique africaine, les technologies mobiles ont contribué à hauteur de 7.1 % du PIB de l’Afrique subsaharienne, soit 110 milliards de dollars. Ce qui montre que l’économie du savoir va se démocratiser avec l’augmentation de l’accès à Internet et la réduction des coûts, notamment dans les pays enclavés. Mais cela ne sera possible que si les politiques publiques s’emparent de cette problématique. C’est donc la mission nécessaire qui leur incombe.

Le bond technologique africain

Le bond technologique ou « leapfrogging » est l’un des grands thèmes de l'économie africaine depuis une dizaine d’années. Il représente un énorme potentiel de transformation en ce qui concerne le développement des infrastructures et les défis socio-économiques. L’Afrique, en adoptant massivement la technologie mobile, a à la fois résolue le problème du coût élevé de l'investissement dans le fixe et démontrer sa capacité d'innovation dans l’écosystème numérique.

Les Africains développent des services et des applications pour le continent, fournissant des informations sur les prix du marché, la santé ou les bonnes pratiques agricoles. Certaines régions d’Afrique ont déjà fait beaucoup de progrès dans le développement de systèmes de paiement par téléphone portable (L'Afrique est leader mondial) qui donnent aux millions de personnes non bancarisées une chance de s’intégrer à l’économie formelle. En effet, des pays comme le Kenya ont même créé de nouvelles universités pour former des professionnels du secteur de la téléphonie mobile à l’initiative des autorités des télécommunications. De son côté, la Côte d’Ivoire compte près de 37 startups fintechs qui développent de nouveaux modèles d’affaires en paiement mobile, allant jusqu’à les adaptés au contexte du monde rural comme c’est le cas avec Moja Ride, une startup locale en fintech. Au Cameroun, Kiro’o Games est le 1er studio de création de jeux vidéo d’Afrique centrale qui innove en créant des jeux, des bandes dessinées, des animatiques etc. pour et par les africains.

La formation au numérique, un jalon indispensable

Disposer des outils nécessaires à la mise en place de solutions de haute technologie est une face de la médaille, la formation des personnes à l’utilisation de ces outils en est l’autre. Nous disposons d’un avantage démographique, puisque plus de 70 % de la population en urbanisation rapide a moins de 30 ans. Cette jeune population n’aspire à rien d’autre qu’un téléphone, voire deux et un accès à l’information via un internet stable et abordable. Investir dans notre capital humain à travers la formation est fondamental pour capitaliser dans la technologie.

Dans son rapport sur l’économie de l’information intitulé « Numérisation, commerce et développement », la CNUCED souligne l’impact croissant de la technologie numérique sur les économies africaines. Si le continent continue d’avoir le plus faible taux de pénétration de l’internet à large bande, il est aussi celui qui connaît la croissance la plus rapide au monde. Par exemple le Sénégal, pour accompagner cette mutation, s’est donné comme objectifs : d’améliorer l’insertion des jeunes dans l’emploi, de favoriser l’industrialisation et la main-d’œuvre sénégalaise et de fournir des certifications acquises hors du cadre de l’enseignement traditionnel. Le Sénégal a d’ailleurs inauguré l’école nationale de cybersécurité à vocation régionale (ENVR) de Dakar le 6 novembre 2018. Preuve que le pays s’inscrit dans l’ère de l’économie numérique.

Un bond technologique amorcé mais pas achevé

D’ici 2025, la contribution du numérique au PIB africain devrait rattraper des pays comme la Suède et le Royaume-Uni, selon McKinsey. Ne parlons-nous pas déjà d’un « bond » de l’Afrique dans le domaine du numérique grâce à la banque mobile, au commerce électronique ou même à l’administration en ligne ? Face à ses nombreuses contraintes – géographiques, sanitaires ou écologiques – l’Afrique a dû constamment rechercher de nouveaux modèles et innover pour se développer. Prenons l’exemple de la santé : l’Afrique ne compte à ce jour que 2 médecins pour 10 000 habitants alors que l’Europe en compte 32, la transformation numérique de l’offre de soin représente 41% des établissements de santé africains. Peut-on imaginer une meilleure opportunité de développer la santé en ligne ? Aujourd’hui, le continent est amené à innover pour contourner ses contraintes naturelles et rattraper son retard technologique en usant de nouvelles technologies comme l’Intelligence Artificielle (IA) qui permettent de détecter les maladies à l’image de ce qui a été mis en place au Maroc et au Gabon durant la crise actuelle du Covid-19 ou de Medprym qui permet d'informer la population sur les médicaments conformes et non contrefaits.

Améliorer la gouvernance en Afrique

Si l’économie numérique offre des perspectives prometteuses pour l’avenir, plusieurs éléments doivent être pris en considération afin que la nouvelle économie numérique soit inclusive et profite au plus grand nombre. Il existe plusieurs moyens de rendre les plateformes africaines d’administration en ligne plus utiles et plus adéquates pour la majorité des citoyens. Il est donc essentiel que ces plates-formes soient accessibles sur les téléphones mobiles ; cette technologie est de plus en plus abordable pour la plupart des personnes sur le continent.

Les plates-formes d’administration en ligne créeront des espaces d’autonomisation pour les petites entreprises et les entreprises informelles. Les États pourraient commencer à fournir des plates-formes de Cloud computing ouvertes qui peuvent soutenir ces entreprises grâce à une infrastructure informatique, des services logiciels et une visibilité sur un marché de consommation de plus en plus vaste en s'appuyant sur les backbones en fibre optique, éléments clés de la numériqation : le fixe reprend un avantage décisif sur le mobile pour les gros flux de données.

Par ailleurs, les systèmes de paiement et de passation de marchés publics par voie électronique pourraient voir le jour dans tous les secteurs de l’administration. Les solutions d’administration en ligne devraient également englober d’autres aspects : les heures d’attentes seraient réduites dans les bureaux des services publics et le nouveau système doté d’une certaine rapidité faciliterait les transactions officielles.

En définitive, le numérique – au sortir de la pandémie Covid qui fragilise la plupart des économies dans le monde – constitue inéluctablement la nouvelle voie pour doper les économies africaines tout en accélérant le développement et le rayonnement des pays africains. Plus que jamais, il convient de faire les choix politiques adéquats selon le bon timing, en suivant les attentes des populations et des entreprises, avec le soutien des partenaires de qualités qui sont indépendants des intérêts privés de quelques grands groupes qui ne voient dans l'Afrique qu'un marché. Il en va de la souveraineté numérique des pays.