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La problématique du modèle économique pour les diffuseurs de la télévision numérique en Afrique, a été abordé le 13 ocobre lors d'une visioconférence suivi par plus de 200 personnes. Organisée par lfranco-fil, la sociéta d'encouragement pour l'industrie nationale et CIO-mag, elle a permis de connaitre le point de vue de nombreux experts dont  Amadou Diop, Directeur général de la société de Télédiffusion du Sénégal (TDS-SA), Ismaël Togola, Directeur général de la société malienne de transmission et de diffusion (SMTD) et Epey Dotse, Directeur général de la télévision togolaise.

L’ensemble des pays africains ont entamé le processus de transition de l’analogique au numérique dans les années 2010. Dix ans après, la beaucoup de ces pays se retrouvent au milieu du processus sans pouvoir réellement programmer l'extinction de la TV analogique et avec l’inquiétude sur la pérennité des modèles d’affaires pour maintenir le cap. Chaque pays envisage le modèle de monétisation qui lui paraît le plus accessible.

Le Sénégal, selon Amadou Diop, a adopté un modèle de partenariat public-privé qu'il est en train d’évaluer. Selon lui, il convient d’envisager le plus rapidement possible « des relais de croissance qui permettront de garantir la pérennité de l’activité. Il faut une contribution de l’Etat mais également arriver à générer des ressources à travers les services offerts. Si nous n’arrivons pas à équilibrer nos modèles sur les ressources générées par notre activité, cela peut poser un problème. Au-delà de nos revenus traditionnels, il faut que nous aillions chercher des revenus complémentaires à travers des solutions à valeur ajoutée qui peuvent être l’archivage, de la mutualisation satellitaire, des OTT, etc. »

Au Togo, depuis 2013 l’Etat a déployé tous ses émetteurs sur la dizaine de sites repérés. Au total, 26 milliards de francs Cfa ont été investis sur fonds propres pour le déploiement de la télévision numérique terrestre (TNT) mais le service n'est toujours pas ouvert, dans quel état sont ses émetteurs ?. « La société de diffusion n’est pas encore créée mais la loi a été votée à l’Assemblée nationale en octobre dernier. Il ne reste que les décrets d’application pour créer la société de diffusion et la société d’édition. C’est après cela que nous allons rentrer dans le vif du sujet parce qu’il faut une entité pour diriger ces sociétés », explique Epey Dotse, Directeur général de la télévision togolaise. On peut espérer un lancement en 2021.

Au Mali, la société malienne de transmission et de diffusion a un portefeuille d'activitesplus diversifiés (TNT, backbone, datacenter) avec entre autres la mission, d’assurer la transition de l’analogie au numérique. Dans ce contexte, il est envisagé un modèle économique TNT évolutif dans la mesure où le Mali utilise, non seulement les liaisons satellitaires, mais aussi la fibre optique pour le transport des flux. Selon Ismaël Togola, « les éditeurs locaux vont se retrouver en free to air sans besoin de cryptage, ni de décodeur pour y accéder. Nous allons à terme avoir nos propres décodeurs pour permettre à ceux qui n’ont pas de téléviseur numérique de pouvoir bénéficier de l’accès au contenu de la TNT toujours sans abonnement ...pour avoir un peu plus de revenus avec la TNT, nous travaillons avec les éditeurs qui paient la diffusion afin d’analyser leurs besoins. En plus des liaisons qu’ils auront à nous transmettre, ils pourront aussi utiliser le confort de la fibre optique en prenant des capacités payantes. En plus, ils pourront utiliser le data center pour stocker des données. Nous comptons sur cela pour augmenter nos flux financiers. »

Alors qu’ils envisagent des possibilités de pérennisation de l’accessibilité des télédiffuseurs en Afrique, les pays africains sont confrontés à divers défis comme la libération des fréquences TV (dividende numérique), l’exploitation technique des infrastructures et l’équilibre en termes de service.